Comment je pense les design systems
Je ne conçois pas des écrans. Je conçois l'infrastructure qui garde les décisions cohérentes longtemps après que les écrans aient changé.
Le problème que je résous sans cesse
À travers des plateformes de santé publique, des systèmes d'assurance et des outils manufacturiers, j'ai vu le même échec se répéter : les décisions de design sont prises une fois, puis oubliées. Une couleur change sans que personne ne se souvienne pourquoi l'originale avait été choisie. Un composant est reconstruit trois fois parce que personne ne savait qu'il existait déjà. Le système n'échoue pas parce que les gens sont négligents, il échoue parce que rien ne préserve le raisonnement derrière ce qui a été construit.
Ce que j'optimise réellement
Mon travail se situe à l'intersection du design, du développement et des opérations, ce qu'on appelle souvent le DesignOps. Trois principes le guident :
01
Les décisions ont besoin de mémoire.
Un design system n'est pas une bibliothèque de composants ; c'est un registre de compromis. Si vous ne pouvez pas expliquer pourquoi une décision a été prise, vous ne pouvez pas la modifier en toute sécurité plus tard.
02
Les processus font partie du design.
Le passage de relais entre le design et le développement, c'est là où la plupart des systèmes s'effondrent en silence. Je traite ce pipeline, pas seulement l'interface, comme quelque chose à concevoir délibérément.
03
La durabilité prime sur la nouveauté.
Les outils et les frameworks se renouvellent tous les quelques années. Un système conçu pour dépendre d'un seul outil est un système avec une date d'expiration. Je construis pour des standards qui survivent aux outils qui les entourent.
Comment ça se traduit en pratique
Chez la RAMQ, ça veut dire construire les fondations UX d'une organisation avant de construire des écrans. Chez Akinox, ça voulait dire concevoir le pipeline entre le design et le développement, pas seulement l'interface qui le recouvre. Dans Agentica, mon système personnel, ça veut dire que chaque décision significative est consignée, versionnée et traçable, la preuve que cette approche fonctionne au-delà d'un seul projet.
La place de l'IA
Les agents IA peuvent accélérer certaines parties de ce travail, détecter des incohérences, rédiger de la documentation, proposer des composants. Ce qu'ils ne peuvent pas faire, c'est décider. La gouvernance reste humaine, par design. Mon approche de l'IA dans les design systems n'est pas une question d'automatisation pour elle-même ; c'est de s'assurer que l'automatisation ne dépasse jamais la responsabilité.